Le monopole des services large bande dans les zones rurales n’est plus tabou – Mobile World Live

Le monopole des services large bande dans les zones rurales n’est plus tabou

21 NOV 2014

Guenther Oettinger, le nouveau commissaire européen pour l’économie numérique, vient de le confier dans son blog : il n’est pas hostile à un monopole sur les services large bande dans les zones rurales, au moins si la CE veut réaliser son objectif d’offrir à chaque citoyen un débit supérieur à 30 mégabits par seconde en 2020.

« Mon idée est de rendre l’investissement dans les zones rurales plus attractif en autorisant les compagnies de télécoms à en récolter les bénéfices, écrit le Commissaire. Cela ressemble à ce que nous faisons déjà dans le secteur de l’énergie : dans certains cas précis, pour la construction de nouveaux pipelines, certaines sociétés peuvent être dispensées de fournir obligatoirement un branchement à leurs concurrents. A condition évidemment de convaincre la Commission que, sans cette concession, l’investissement ne serait pas réalisé. »

A l’heure actuelle, un seul habitant en zone rurale sur cinq dispose d’une connexion internet rapide, selon Guenther Oettinger. Or, explique-t-il, le problème est que la construction de réseau dans les campagnes va coûter cher – potentiellement des dizaines de milliards d’euros – avec des garanties limitées d’y gagner de nouveaux clients. En effet, ce n’est pas parce que les clients se voient proposer un accès rapide qu’ils y souscrivent forcément. L’adoption de la large bande haute performance (New Generation Access, ou NGA, au moins 30 Mb/s) est loin de correspondre au niveau de couverture : ce type de connexion est disponible pour 62% des foyers européens, mais seulement 15 % s’y abonnent apparemment, si l’on en croit les chiffres de la CE.

Il reste par ailleurs de gros écarts selon les pays : en décembre 2013, la proportion d’abonnés au haut débit (supérieur à 10 Mb/s) dans les pays de l’OCDE allait de plus de 70 % à moins de 2 %, selon un communiqué publié aujourd’hui par l’organisation. Ce que confirment les données européennes : si les deux tiers des abonnés belges et roumains s’abonnent en NGA, moins de 5 % des Croates, des Chypriotes, des Grecs et des Italiens en profitent.

Il faut noter enfin que si le mobile ne promet pas un accès de 30 Mb/s, il joue un rôle croissant dans la propagation de l’accès à l’Internet et concurrence de ce fait les réseaux fixes. Ainsi, le nombre d’abonnés au haut débit hertzien a plus que doublé dans la zone de l’OCDE en quatre ans : en décembre 2013, près de trois personnes sur quatre disposaient d’un accès internet à haut débit via leur abonnement de téléphonie mobile, selon l’OCDE.

Author

Joanne Taaffe

Joanne est journaliste spécialiste des télécoms et de l'informatique depuis 1995. Rédactrice en chef adjointe de Total Telecom Magazine, elle a couvert toutes les évolutions stratégiques du marché et des technologies de télécoms au niveau mondial. Basée en France, Joanne...

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